samedi 22 juillet 2017

Etape 4 : Jausiers -Guilestre ; samedi 22 juillet 2017

Etape 4 : Jausiers -Guilestre ; samedi 22 juillet 2017
Distance
43 km
Dénivelé
900 m
Duré de pédalage
3h06
Vitesse moyenne
13,76 km/h
Vallée(s)
de l’Ubaye
Col(s)
Col de Vars 2109m
Département(s)
Alpes-de-Haute-Provence, Hautes Alpes
Région(s)
Provence Alpes Côte d’Azur

Epilobes en Epis
Heureux !

Ha, la belle journée !

Le ciel est bleu, la température est douce, les pêches, les abricots sont succulent, la montagne est belle, les fleurs omniprésentes, les oiseaux gazouillent, la flore diffuse abondement ses parfums délicats ; un subtil mélange de senteur de sapin, d’herbe coupée que le soleil assèche, de fleurs, embaume l’atmosphère. Ça sent le frais, le propre, la nature heureuse. Et moi aussi, heureux. Je pédale allègrement sur mon petit vélo. J’ai l’impression que tout est facile ce matin. Bon, il ne faut pas trop que je me la raconte, l’effet journée de repos doit jouer à plein. Mes jambes vont mieux et il en va de même de mon arrière train. Durant ma journée sédentaire d’hier, j’ai réglé un certain nombre de problèmes qui me polluaient l’esprit. Je me sens plus léger ; j’ai dû maigrir de la tête, pour sûr ! Alors je pédale tranquille. Mes jambes moulinent allègrement, et je gravis une douce pente en fredonnant ‘C'est beau la vie’. Vous savez, cette chanson un peu mièvre, mais néanmoins magnifiquement interprétée par Catherine Deneuve, dans ce film de François Ozon,
L'Ubaye
‘Potiche’. Film d’une petite dizaine d’année qui nous faisait revivre, avec un grand souci de l’esthétique, la France du début des années 70. Fabrice Lucchini y jouait le rôle d’un austère patron d’une entreprise textile du Nord, crée par le père de sa femme, Catherine Deneuve. Ce film dessine ce monde qui prend le virage d’une mondialisation dure. La concurrence s’accroit, les marges baissent et les tensions sociales augmentent à mesure que la précarité fait ses premiers pas. Le management féroce, la compression des coûts et la volonté d’accroître sans fin des profits déjà conséquents rendent le climat social explosif. Gérard Depardieu, l’ancien amant d’un jour de la prime jeunesse de Catherine Deneuve, y tient la place d’un maire communiste et ancien délégué syndical CGT. Il aidera, après moult péripéties, la douce Catherine à « profiter » de cette économie mondialisée qui émerge. Ritournelle habituelle, envoyez les violons, la verveine, et un peu de cocaïne, la pilule passera d’autant mieux...
Saint-Paul-sur-Ubaye
Un gentil petit film, vous dis-je, très esthétique, gentil à souhait, très agréable à regarder (Ozon est un maître du cinéma esthétique), qui replonge les cinquantenaires bien établis dans leur enfance béate. Pour un peu, ils en ressortiraient leur doudou et se remettraient à sucer leur pouce. Régression assurée. Bref, dans cette chanson, notre douce Catherine Deneuve s’étonne, s’émeut, et sent le bonheur et la plénitude l’envahir, en retrouvant des sensations d’une jeunesse  qu’elle croyait à jamais perdues.
Saint-Paul-sur-Ubaye
Et moi je fredonne cette gentille petite niaiserie et je tourne les pédales sans effort, profitant de l’environnement si apaisant de la vallée de l’Ubaye par cette belle journée de juillet. Il faut dire que les 10 premiers kilomètres sont tranquilles et propices à un état contemplatif. De virage en virage, je remonte le cours de l’Ubaye entre sapins et petites parcelles de champs bien tenus. Et puis j’arrive à Saint-Paul-sur-Ubaye dont j’aperçois de loin, le clocher entouré de champs occupant les quelques espaces pas trop pentus. Et puis les montagnes bien sûr, qui entourent le village. Tiens, je village, j’y suis maintenant. Il est aussi petit que charmant. Le temps semble avancer plus lentement ici qu’ailleurs ; la vie y semble douce. Le village dépassé, l’ascension démarre réellement avec du 7% de moyenne. Mais c’est dans les 5 derniers kilomètres que l’affaire devient ardue. Les bornes kilométriques, que j’ai tout le temps d’admirer en vélo, indiquent 8, 9, puis 10% de moyenne sur un kilomètre. Bigre, cela signifie des passages à 12%, ce qui pour mes petits jambes est limite. Mon compteur altimètre de vélo confirme les 12%. Mes jambes aussi. Ma vitesse baisse et quelques douleurs réapparaissent.

Mais, je suis néanmoins dans une forme éblouissante par rapport aux jours précédents. Et il y a une raison. Ma botte secrète. Souvenez-vous, je vous en avais déjà parlé, mais je n’avais pu encore la mettre en œuvre. Bien aujourd’hui, c’est fait. Je l’ai. Et elle fonctionne du feu de Dieu. La preuve, je monte mieux, je descends comme une balle, les 75km/h sont atteints sans angoisse particulière, et je peux, de temps à autre, lâcher d‘une main mon guidon sans qu’il ne tente, avec de fortes chances de succès, un néfaste 180°. Bon, je vous le dis. Maintenant. Oui. J’ai gonflé mes pneus. C’est fait. Et c’est de la balle ! Le magasin de sport de Jausiers a eut la gentillesse de me prêter une pompe à pieds. Alors j’ai envoyé 4,9 Bars dans chaque pneu. J’avais environ 1,5kg ce qui explique qu’avec le poids de mon chargement, renforcé, considérablement, par celui du bonhomme, le vélo collait au bitume et se dandinait allègrement. J’étais tenté de mettre les 5,5 Bars authorisés  par mes pneus, mais le souvenir de 2 chambres à air explosé le jour de mon départ de l’année passée a modéré mes ardeurs. Jouons la sécurité. Bien qu’en montagne, il fait encore chaud, et le bitume sur les parties ensoleillées doit être brûlant.
Bref, une bien bonne journée.

Que dire d’autre ?
Bien, que je continue à grimper. Après Saint-Paul-sur-Ubaye, j’abandonne la vallée de l’Ubaye, mais le  paysage est toujours aussi beau, et de plus en plus fleuri à mesure que je monte.
De larges massifs d’Epilobes en Epis, longues fleurs fuchsia, embellissent encore le paysage. Je raffole des ‘Epilobes en Epis’, de leur forme, de leur couleur, de leur nom, et de quelques doux souvenirs qui y sont attachés.
Allez, encore un peu de nerf, et j’arrive au col de Vars. 2109m. Pas très haut, pas très long, mais les derniers kilomètres sont pentus. Mon vélo chargé fait, comme souvent, effet aimant. On vient me voir, on discute le coup, parfois longuement, et je traîne. Mais c’est sympa, alors… Et puis je n’ai pas de train à prendre. Surtout que l’étape du jour est courte. Alors je profite du paysage. Je flâne. Bon, allez, on redescend par l’autre versant direction Gillestre. C’est tout aussi beau par ici. Je me régale. C’est verdoyant à souhait.
Arrivé à Gillestre, je me trouve une place pour ma petite tente. Je la monte, je me douche, puis il est déjà tard, je commence à rédiger mes sensations du jour, à transférer
les photos, les réduire, et puis il se met à tomber des hallebardes. Pas de chance, j’avais laissé mes affaires à sécher ! Ho, il ne pleut pas longtemps, environ 30 minutes, mais qu’est-ce que ça tombe. Et le froid arrive. Alors, dès que l’averse cesse je me réfugie sous ma tente (oui, j’étais sous un préau durant l’averse). Et je m’endors mes pensées survolant les cimes. Conclusion du jour : petite journée et gros plaisir.
Ce matin, le PC sur les genoux, le chant d’un torrent en musique d’ambiance, assis sur un tronc d’arbre, j’écris. Pas eut le temps de finir hier soir. Ce n’était même pas très avancé en fait. Alors, cela fait une heure que je tapote sur mon clavier. Ensuite il va falloir que j’aille le mettre en page sur le Blog, incérer les photos puis poster tout cela. Après, à la douche, plier la tente, ranger mes affaires dans mes sacoches, puis partir. Je serai donc parti, comme d’habitude vers midi.  Coté positif de ce perpétuel retard, mes affaires ont le temps de sécher.
L’étape de cette journée m’emmènera à Le-Monétier-les-Bains, puis celle de demain à  Saint-Martin-sur-la-Chambre (73130). Ensuite se sera La Bathie, Megève puis Vallorcine. 




Et après ? Je ne sais pas encore. Il sera alors temps de décider ma nouvelle direction : Nord, Est, ou Ouest ? Nouveau planning prévu vers le 27 juillet.

demain.
Portez-vous bien.



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"C'est beau la vie"  Catherine Deneuve
Film Potiche François Ozon avec Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, Fabrice Luchini

Le vent dans tes cheveux blonds
Le soleil à l'horizon
Quelques mots d'une chanson


Que c'est beau, c'est beau la vie

Un oiseau qui fait la roue
Sur un arbre déjà roux
Et son cri par dessus tout
Que c'est beau, c'est beau la vie.

Tout ce qui tremble et palpite
Tout ce qui lutte et se bat
Tout ce que j'ai cru trop vite
A jamais perdu pour moi

Pouvoir encore regarder
Pouvoir encore écouter
Et surtout pouvoir chanter
Que c'est beau, c'est beau la vie.

Le jazz ouvert dans la nuit
Sa trompette qui nous suit
Dans une rue de Paris
Que c'est beau, c'est beau la vie.

La rouge fleur éclatée
D'un néon qui fait trembler
Nos deux ombres étonnées
Que c'est beau, c'est beau la vie.

Tout ce que j'ai failli perdre
Tout ce qui m'est redonné
Aujourd'hui me monte aux lèvres
En cette fin de journée

Pouvoir encore partager
Ma jeunesse, mes idées
Avec l'amour retrouvé
Que c'est beau, c'est beau la vie.

Pouvoir encore te parler
Pouvoir encore t'embrasser
Te le dire et le chanter

Oui c'est beau, c'est beau la vie.

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