samedi 29 juillet 2017

Repos 3 : Megève ; samedi 29 juillet 2017

Repos 3 : Megève ; samedi 29 juillet 2017
Ville
Megève
Département(s)
Haute-Savoie (74)
Région(s)
Auvergne-Rhône-Alpes


Jawa 250 mono 2T arrivée de Slovaquie et à destination du Portugal

Jawa de motards Slovaques : 250 mono 2T et 350 Bi 2T


Aujourd’hui, matinal le gars !
7h du matin, c’est grande lessive : 3 tenues cyclistes, gants, chaussettes… Bref la totale. Ça sentait le renard dans cette tente ! Il faut dire que j’ai retrouvé un fromage dans le fond d’une sacoche à l’occasion du grand nettoyage : une tomme de vache qui devait vaquer là depuis 5 bonnes journées. Oubliée. Oui mais ce n’était pas réciproque. La tomme travaillait dur à empester ma tente. La

vengeance d’un fromage délaissé ! 5 jours de route dans le fond d’une sacoche bien étanche à affronter seul soleil et chaleur. Telle une fondation s’affaissant sous le poids d’un bâti trop lourd, la tomme a perdue en hauteur ce qu’elle a gagné en largeur. Ah il a dérouillé le fromage. Il n’est pas beau à voir. Plat comme une limande et dans un état semi-liquide : du fromage à boire, pas glop ! Et cette odeur ! Puissante. Ça ne sent pas l’alpage, à ça non, ça sent la vilaine étable mal lavée, les remugles de vaches négligées.  Ça vous coupe l’envie de boire du fromage cette affaire. J’enclenche immédiatement le plan secours : évacuation prioritaire de la tomme de vache. La gendarmerie nationale est mobilisée et l’armée se tient en réserve au cas où ça tourne mal. La police s’occupe de maintenir un périmètre de sécurité. J’évacue le fromage de la sacoche, puis de la tente. Cette arme chimique est ensuite emmenée bien loin dans une poubelle containeur. On avait pensé initialement à la Chine, mais les chinois ne sont pas d’accord, alors comme d’habitude, on l’évacue en Afrique ! Bon, au début, ce fromage, je voulais l’enterrer, bien profond, afin de réduire sa nocivité. Je voulais créer un site d’enfouissement comme ceux que l’on tente de créer pour nos déchets nucléaires dont personne ne veut plus. Mais les services d’ingénierie n’ont pas trouvé de solution à la hauteur de l’enjeu, alors comme d’habitude, l’Afrique.
Et mes gants, vous auriez sentis mes gants. Ma douée cette infection. Le fromage, encore. Mais c’est un coup de la mafia Savoyarde c’est affaire. Le fromage s’immisce partout. Alors c’est la guerre bactériologique totale au fromage qui pue, c’est ça ? Je les fais bien tremper ces gants. Puis je les savonne longuement, très longuement. Et je frotte, je frotte à en risquer une tendinite. Enfin, je fais tremper encore, puis je tourne. Vous savez, je simule la machine à laver automatique avec mes petites mains : vas-y tourne, tourne ? Le programme sélectionné ? A vue de nez, au moins 30 tours minutes. Ça envoie du bois. Evidemment mes gants ont été isolés des autres vêtements biscotte leur toxicité.
Alors pendant que les gants trempent encore et toujours, deuxième lessive avec le reste du linge.
Et puis la lessive manuelle terminé, je pends mon linge afin qu’il soit sec pour demain.

Fin de la séquence linge, on passe à la mécanique maintenant. Vous le savez, car je vous en ai déjà parlé, depuis quelques jours, j’ai des angoisses avec mes freins. Et le suis en montagne, donc, dans les descentes, je compte sur eux, sur leur puissance de ralentissement. En fait c’est mon frein avant qui me fait peur. Il fait des bruits d’outre tombe, de plus en plus forts à mesure que sa puissance de freinage s’évanouie. Et avec les vitesses atteintes dans les descentes de col, ça devient franchement flippant.
Alors aujourd’hui, c’est le grand jour (de repos) et je me penche sur ce problème. Je retourne mon vélo tête en bas. Je le cale bien sur son guidon et sur sa selle et j’enlève ma roue avant. Alors attention, entre l’écrou de roue antivol (oui je sais, je suis d’une nature méfiante) nécessitant la clé spéciale, et la connectique du moyeu dynamo à débrancher avec attention, cette opération, enlever une roue,
habituellement simpliste réclame d’être calme et tout à son affaire. Ce que je suis actuellement. Bien. Maintenant je sors les plaquettes pour voir, bien que je les ai remplacées juste avant mon départ. Vous en pensez quoi de mes plaquettes ? Neuves ? Vous avez l’œil vous, je l’avais repéré de suite. Plaquette neuves, je n’en attendais pas moins d’elles. Oh oh, mais le disque de frein à chauffé ? Regardez toutes ces couleurs bizarres avec cette préférence pour les bleus. Vous voyez cette ridicule petite plaque de métal là ? L’habit ne fait pas le moine, elle est primordiale. C’est une sorte de ressort de rappel des plaquettes après freinage. Allez, je l’écarte comme une bête pour favoriser le retour des plaquettes, en espérant ainsi diminuer frottements et couinements. Au tour de l’étrier de frein maintenant. Les
Elles sont neuves ces plaquettes
pistons coulissent comme dans du beurre. Excellent. Je repositionne ma roue et la fait tourner. Pétard, le disque est voilé en plus d’être bleuté. Et de façon très sensible. Misère de misère le disque frotte sur l’étrier. Mais c’est la dèche, non ? Après une longue observation, je trouve le coupable : mon garde-boue avant ; sa fixation pour être exact. Elle appuie sur l’étrier, repoussant celui-ci vers le disque, d’où les frottements et divers couinements. Je dévisse encore l’étrier et le phénomène empire. Je bricole avec des rilsans (colliers en plastique) pour écarter un peu la fixation de garde boue de l’étrier. Oui mais pas suffisamment. Je force pour tenter de l’éloigner quelque peu l’étrier du disque. Ouche, c’est dur. Ca y est, la roue tourne désormais sans frottement.
Disque qui vire au bleuté
Ouf ! Seul problème, ma poignée de frein arrive très facilement en butée, et le freinage est faiblard. Un doute m’envahit : et si le fait de mettre le vélo à l’envers était propice à l’entrée d’air dans le système de freinage hydraulique ? Dans ce cas il faudrait faire une purge. A voir avec un vélociste. Cette après midi, je monterai à Megève pour voir.
Je ne vous ai pas encore parlé de mon camping du jour, le camping du Bornand (1050 m d’altitude) à la sortie de Megève. Vous le savez, j’ai eut du mal à le trouver. Mais ça valait la peine. Il est sympa ce camping, propre, verdoyant, entouré de sommets élancés.
Beaucoup de gens viennent dans ce camping périodiquement, et ce depuis longtemps. Voir très longtemps. J’ai entendu 40 ans. Si ça ce n’est pas être fidèle ! Alors il y a un esprit de famille et les blagues fines volent en escadrilles. Atmosphère agréable, pleine de bons mots d’esprit. Les discussions s’éternisent, de nouveaux arrivants prenant la
Les habitués du camping se connaissent bien. Ils forment une famille avec ses liens et parfois ses discordes. Ils me disent se reconnaitre parfaitement  dans la première édition du film Français Camping de Fabien Onteniente. Ils s’en amusent d’ailleurs.
Les câbles au dessus des oreilles
Ma tente est placée dans un endroit arboré. Pile poil en-dessous des câbles de la télécabine. Heureusement qu’elle en fonctionne pas l’été cette télécabine car les câbles passent tellement près que l’hiver, il doit falloir baisser la tête pour ne pas se faire assommer lors du passage des cabines.
place de ceux que les obligations appellent. Des Belges, des Hollandais, des Anglais, et même des
Moteur du 350, notez l'intégration du carburateur

La 350 bi

Encore elle



La 250 mono



Le moteur de la 250 moo





Slovaques allant au Portugal avec leurs sublimissimes motos Jawa 2 temps : un mono 250 avec remorque et un bicylindre 350 démilitarisé. Bref on cause, on cause et je fais la connaissance d’une Française vivant au Pays-Bas, pays de son mari, et travaillant chez Araï, la prestigieuse marque de casques Nippone. Rencontre passionnante, cette personne me parlant de l’histoire de Araï, plus vieux (ancien fabriquant de chapeaux qui au début des années 50 se lance dans la fabrication de casques) fabriquant de casques Japonais, de l’esprit familial qui y règne, et de sa fierté ainsi que de son plaisir de travailler pour cette entreprise aujourd’hui très atypique refusant (encore ?) de céder à l’introduction en bourse. Araï cultive les valeurs de la qualité du travail manuel, et de la recherche de la perfection. Elle me parle du Japon ou elle a vécue un temps et me le décrit comme un pays fabuleux. Et moi qui rêve depuis longtemps de m’y rendre porté par mon amour des arts martiaux et de la moto (Japonaise évidemment). Que j’aimerai parcourir ce pays île en vélo : de l’île Sakhaline enneigée, jusqu’aux paradis tropicaux du Sud. En passant bien sûr par Tokyo et son salon de la moto, puis par Suzuka pour assisté à la plus prestigieuse des épreuves d’endurance (mais est-ce encore une endurance ?), les 8h de Suzuka. J’apprends que Araï et mon interlocutrice seront au Bol dOr, au Castellet. Alors, si je le puis cette année, je la visiterai au Bol d’Or.

Et puis, cet après midi, c’était le retour de la pluie. Alors vite, j’ai décroché mon linge pas encore sec et je me suis terré dans ma tente. Alors, j’ai écrit en espérant que la pluie finisse par se lasser. Il est 16h et mon dernier repas doit dater de 24h. Je n’ai rien à manger, tous mes stocks étant vide, et je commence à avoir TRES faim. Dis-donc, elle s’arrête quand cette pluie que je puisse aller me chercher quelques victuailles ?
Oh pétard, la pluie s’arrête. Allez oh, je saute sur mon vélo et je file à Megève. Je monte. Je descends. J’arrive. Jusqu’au boulanger que j’avais repéré hier à l’entrée de Megève. J’entre. Evidemment, j’ai envie d’acheter le fond de commerce tellement j’ai faim. Mais, ma raison, et surtout l’état de mes finances en fait, m’en empêche. Je commence par une tourte saumon épinard, puis je continue par un éclair au chocolat. Le pâtissier ayant obtenu le label « meilleur artisan de France », je tente le coup en espérant qu’il n’importe pas ces éclairs au chocolat de Chine à vil prix pour me les revendre, avariés, au prix de la truffe noire. Je conclue par un sablé, toujours au chocolat. Miam que tout cela est succulent. Après avoir salivé, je me pourlèche les babines. Me voilà calmé pour un temps. Je fais mon petit tour dans Megève. C’est mignonet, très reconstruction de la maison de Barbie. Puis, craignant une nouvelle averse, je me rentre terminer ce papier après avoir de nouveau étendu mon linge mouillé que j’avais dû rentrer précipitamment lors de la dernière averse. Et les freins de mon vélo ? Victoire, ils ne font plus de bruit ; ils freinent, mais de façon saccadée. Probablement le temps que les plaquettes se rôdent en fonction de leur nouvelle position. Et ma poignée de frein s’est raffermie, donc tout va bien !


Aujourd’hui on va conclure avec une (autre) bonne nouvelle. Le soldat « Sigma BC14.16 » (matricule : compteur de vélo) va mieux. Hier après une journée passé tripaille à l’air dans le fleuron de la technologie Allemande, le « Four sacoche de guidon 7L ORTLIEB Ultimate 6 Pro E M », ou il a dû se prendre au moins 80°, je lui ai fait terminer la journée au soleil, toujours tripaille à l’air. Puis afin de lui éviter tout choc thermique, je l’ai fait refroidir doucement dans la tente avant de le refermer. N’oubliez pas qu’il est entre la vie et la mort, et depuis quelques jours, beaucoup plus proche de la mort que de la vie. Alors de la délicatesse bordel ! Ensuite je l’ai de nouveau placé sous perfusion de morphine pour qu’il passe une nuit réparatrice. Et bien ce matin le soldat « Sigma BC14.16 » pétait des flammes. La morphine sans doute... Il voulait aller buter du Viet (toujours complètement) Cong. Il a fallut le freiner, le menacer des fers pour qu’il se calme. Mai, pour le faire patienter, je l’ai emmené avec moi à Megève. Et bien, malgré le temps humide, il n’a pas éternué une seule fois, a affiché sans zébrures, sans lignes horizontales, sans lignes verticales, sans carrés et sans effet stroboscopique. Il est sur la bonne voie et semble sorti d’affaire. Pour le savoir, je l’enverrai demain du coté de Vallorcine espionner la Suisse.  Le Suisse c’est plus tendre que le Viet (même très) Cong, non ?   

Le camping du Bornand

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