Etape 10 Megève – Chamonix-Mont-Blanc
; dimanche 30 juillet 2017
Distance
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42km
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Dénivelé
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625m
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Durée de pédalage
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3h10
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Moyenne
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13,3Km/h
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Col(s)
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û
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Département(s)
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Haute-Savoie (74)
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Région(s)
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Auvergne-Rhône-Alpes
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| A priori, une bien belle journée... |
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| ... Mais qui va devenir terrible |
Ah, la sale journée ! C’est à croire qu’aujourd’hui, tout s’est ligué contre moi pour me faire mettre genou à terre. Les obstacles furent
nombreux, les ennemis, puissants. Féroces, constants et pugnaces. Les pires ?
Google, les orages, et l’amour sans
limite de la Haute-Savoie pour les autoroutes.
Et pourtant, la journée avait bien commencée à Megève. Le matin, le
ciel était bleu, la température douce. Il faisait presque chaud. J’ai quitté
le camping du Bornand le cœur léger, vers 10h. La journée commençait bien. Je
démarrais tôt. Mais rapidement, et malgré la beauté des paysages, je me sentis
oppressé. Cela faisait un moment que je descendais. Je descendais, descendais
sans cesse. Jusqu’à quand ? Jusqu’ou ? Plus je descendais et plus la future
montée m’apparaissait être coriace. Et puis, alors qu’il me semblait avoir
atteint le fond de la descente, stop ! Un panneau d’autoroute :
interdit aux vélos ! Alors, faire demi-tour et remonter. Et chercher son
chemin. Je serais confronté de nombreuses fois à cette situation dans la
journée. Des voies sans issues pour tous ceux qui n’ont pas de moteur, et qui,
de fait, ne comptent pas. Agaçant et fatigant. Ce qui conduit à cette question :
Faut-il donc obligatoirement faire du bruit et de la fumée pour avoir le droit de circuler ?
Ce premier ennemi se chargea, pas à pas, de me casser les jambes à
forces de demi-tours et de montées imprévues. Le moral fut aussi érodé par
cette incertitude perpétuelle. Sentiment de ne pas avancer, de revenir sans
cesse sur ces pas. L’agacement me gagnait.
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| Monté de Bozon, la montée qui tue ! |
Mais, les ennemis, les difficultés, s’enchainaient, pour ne me laisser
aucun répit. Je décidais d’utiliser Google, un ami qui vous veut du bien, pour
contrer ces impasses générées pas le réseau autoroutier Savoyard. Je ressortais
donc mon SmartMachin Sud Coréen du fond du sac dans lequel je l’avais relégué. Et
je décidais de faire de Google Maps, mon router afin d’éviter ces incessants
demi-tours. Google serait mon guide. Mal m’en pris. Google s’est avéré être un
agent double, un traître, un
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| Après une très difficile marche, mon vélo est de nouveau sur la route |
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| Ici, lorsqu'il pleut, c'est violent ! |
Mais, ironie du sort, alors que j’étais déjà cuit, les orages
décidèrent de me finir. 4 orages violents dans la journée, impressionnant, non ?
Ici, cela n’impressionne personne. C’est très normal les orages en Haute-Savoie.
En 3 minutes, le ciel devient noir, le vent se lève et des seaux d’eau s’abattent
sur le sol. Point de petite pluie timide et endurante comme le crachin Breton,
non, en Haute-Savoie, ça tombe dru comme une tempête tropicale. 30 minutes, 1
heure, et puis, le ciel se découvre, du bleu réapparait. Mais ce n’est que pour
mieux faire tomber les défenses de l’adversaire. Car, de nouveau, brutalement,
le ciel redevient noir, et l’orage s’abat. Le ciel gronde, zèbre, la terre
vibre, et l’eau rebondit sur le sol. La violence de la pluie était telle que je
me réfugiais sous quelques arbres pour enfiler ma tenue de pluie. Et j’attendais
que l’orage se calme un peu avant que de repartir. Et puis de nouveau le
soleil. Trop chaud, s’arrêter, se déshabiller. Et ainsi de suite.
Parcours haché. Par les allers et retours résultant de ces autoroutes
qui s’approprient le fond des vallées au détriment des moyens de locomotions
propres. Par Google Maps qui m’entraine dans des montées impossibles, et par les
orages qui m’impose des arrêts habillage déshabillage.
J’ai froid, j’ai mal, je n’ai plus de force.
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| Il ne faut pas désespérer (complètement), le soleil revient (un peu) |
Je me traîne jusqu’à Chamonix, et Bing, un orage bien féroce. Tout le
monde cours aux abris ; et moi aussi. Un surplomb de magasin m’abrite un
instant. Un couple de jeunes adultes arrive en courant. On cause. Ils sont de
Lille. Eux aussi sont impressionnés par la violence et la rapidité d’apparition
des orages de Haute-Savoie. Et de leur fréquence surtout. Ils sont dans un
Camping, à Chamonix, à 2 pas. La pluie diminue, les grondements et les éclairs
se calment ; Le couple repart. Je suis brisé. Je n’en peux plus. J’ai
froid, j’ai mal, je n’ai plus de force. Je ne me sens pas de continuer aujourd’hui. C’est décidé, je
vais au Camping des Arolles de Chamonix, à 2 pas. L’incarnation de l’enfer, c’est
ici. On se croirait dans une fourmilière, comme à Chamonix, quoi ! Il
pleut encore, ma tente est mouillée. Une autoroute doit passer à 3 mètre
au-dessus de ma tête. On se croirait aux 24h du Man. Et il pleut. Toujours.
Encore. La nuit, je dors mal, conséquence d’un ciel en furie qui crache éclairs
et roulements de tambour. Demain, il faut que je m’éjecte de ce coin, Chamonix,
c’est un peu Paris à la Montagne et sans métro : sans intérêt.















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