lundi 31 juillet 2017

Etape 11 Chamonix-Mont-Blanc – Vallorcine ; lundi 31 juillet 2017


Distance
20km
Dénivelé
450m
Durée de pédalage
2h
Moyenne
10Km/h
Col(s)
Col des Montets (1461m)
Département(s)
Haute-Savoie (74)
Région(s)
Auvergne-Rhône-Alpes





Argentière







Le Mont-Blanc vu du camping
5h du matin, il tombe des cordes ; à nœuds. 6h, des trombes. 7h, ça tabasse. 8h, tiens, on dirait que ça s’essouffle un peu. 9h, c’est net, il y a une baisse d’intensité. 9h30, serais-ce une ruse, la pluie a cessée. Vu que je ne suis pas rusé, je me dépêche de remballer tout mon matériel trempé, et je file de ce camping qui ressemble à une aire de repos sur l’autoroute : c’est blindé, ça grouille comme dans une fourmilière, les tentes sont plus serrées que les serviettes sur la plage de Juan-les-Pins en plein mois d’août, et, on a franchement l’impression d’être au bord d’une autoroute.
Chamonix
 
Chamonix
Argentière

Argentière



Le Mont-Blanc vu d'Argentière
Ouf, parti de Chamonix. Direction Argentière qui me rappelle de bons moments : les stages de randonnée Snowboard avec l’UCPA. Le village s’est embelli ; la place de l’office du tourisme a été refaite. Elle est claire, aérée avec une belle perspective donnant sur l’église, là, de l’autre coté du pont fleuri enjambant le torrent qui dévale la montagne avec grand bruit. Mais Argentière a conservé son défaut majeur : traverser la rue principale relève de la tentative de suicide tant la circulation est dense et nerveuse.

Je prends un peu de pluie, mais c’est juste pour resté entraîné. La Haute-Savoie, ça se mérite, il faut être étanche ! Le ciel n’est pas noir, donc tout ce passe bien. C’est une petite pluie pour débutant. Une fois la route mouillée, la pluie cesse, et 15 minutes plus tard il ne reste plus rien de cette petite ondée.

Je ne me rode pas, je m’érode.
Après la 10ième étape, je devrais être en pleine forme. Et bien il n’en est rien. Je me sens au contraire très fatigué. Mes jambes me font mal, mes fesses sont une souffrance, et mon état général n’est pas brillant. J’espère que l’air de la Suisse me fera du bien.

Montée vers le col des Montets
Au col des Montets
Le col des Montets

Petite étape, mais grande satisfaction


Vallorcine c'est charmant
Je suis tellement fatigué que je m’arrête à Vallorcine, près de la frontière. L’endroit est charmant et le camping des Montets ne dépareille pas. C’est enchanteur. Evidement il y a aussi de l’espace du fait d’une  vallée assez large. L’endroit est très vert (normal vu la quantité d’eau qui tombe dans cette région), et très fleuri. La population est calme et avenante. Bref, c’est tout le contraire de Chamonix. Je me sens bien ici à entendre les torrents à la place des voitures. Pour aller en ville j’ai suivi un sentier sur 2 km. Je me croyais vivre un documentaire sur les montagnes rocheuses Nord Américaine, du coté du Montana. Une forte sensation d’espace et de grandeur.
Le Montana Français, et à défaut de cheval, un vélo
Je m’attendais à rencontrer des pumas, des ours ou des loups. Il n’en fut rien. Le sentier est pierreux. Pierreux avec de l’herbe, qui s’immisce entre les pierres. L’herbe pousse ici aussi bien qu’en Normandie et pour des raisons similaires (l’humidité ambiante). Je vais à l’Office du Tourisme pour rédiger et poster ma journée d’hier. Je suis toujours en retard ! Ici je bénéficie d’une table, d’une chaise, de l’électricité, du Wifi, de la chaleur et de la gentillesse du personnel. Je fais quelques emplettes pour me sustenter un peu, car ces derniers temps, j’ai souvent faim. Il faut que je vous dise : sur mon vélo, je n’ai pas de place pour stocker ; et puis je n’ai pas de réfrigérateur. Alors, je me ravitaille quand je le peux et je ne fais pas de réserve ; au plus un bout de pain. Donc, lorsque j’ai faim, j’attends. Parfois jusqu’au lendemain. Cela dépend de l’endroit dans lequel je me trouve et des horaires. Le sentier du retour présente une grosse côte que j’avais, à l’aller, descendu. Je ne pense pas pouvoir la grimper avec mon vélo à pneus lisses, car l’endroit est glissant du fait des pierres et de l’herbe humide (glissante comme de la glace). Mais je n’ai pas envie de pousser mon vélo, qui bien que lesté uniquement de 2 sacoches,
pèse tout de même le poids d’un âne mort. Alors, j’envoie les moulinets des jambes sur le rapport le plus court (28 * 36). Pendant un (très court) instant, je suis Chris Froome, le roi de la cadence de pédalage. Et je passe la grimpette. J’en suis surpris. Mais surtout à bout de souffle. Je ne peux plus parler. Heureusement, j’écris. Je n’arrive plus à reprendre de l’air. Je souffle comme un bœuf, et je ne respire plus. Ça peut poser problème. Je fais un bruit épouvantable de vieille locomotive à vapeur. Cela m’effraie et j’aurai mon cardio fréquence mètre, je serais probablement terrorisé. Mince, je ne vais pas crever en Haute-Savoie tout de même ! Envoyez de l’air, vite, ça urge. J’écris ce mot, donc je m’en suis remis. Mais difficilement. J’ai franchement une petite santé en ce moment.



L’air de la Suisse me sera favorable, j’en suis sûr. L’essentiel c’est d’y croire ? Et j’y crois.


Alors, à demain.




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