dimanche 6 août 2017

Etape 17 Langnau im Emmental / Gohl - Sugiez-Camping des 3 lacs ; dimanche 6 août 2017


Distance
77km
Dénivelé
470m
Durée de pédalage
4h08
Moyenne
18,6Km/h
Col(s)

Canton(s)
Berne, puis Fribourg
Pays
Suisse

Camping des 3 lacs, le soir







J’ai bien dormi.

J’étais épuisé hier soir. Avant de me coucher je m’étais déjà endormi dans l’herbe avec les 2 chiens de mes voisines Suisses, mais dès que j’ai mis un pied dans la tente, je me suis écroulé. Dodo profond. Jusqu’à 8h ce matin. C’est la pluie qui me réveille. Concert de tamtam sur la toile de tente. Ça pleut serré. Et ça continue jusqu’à 11h. Alors je rédige mes sensations sur la journée d’hier. Dès que la pluie s’arrête, je mets le nez dehors et je me dépêche de remballer avant qu’une nouvelle averse me coupe l’envie de partir de cet endroit que j’apprécie. A midi, je fais mes premiers tours de roues. Chance, il ne pleuvra plus de la journée et le ciel s’éclaircira peu à peu pour devenir totalement bleu vers 20h.




Par ici le paysage devient rural. On redescend à 500 mètres d’altitude, les étendues deviennent plates, plus facilement cultivables. Et le temps est plus clément l’hiver. Il est difficile de vivre à plus de 1000 mètres d’altitude, le climat devient trop rude. Au loin on perçoit néanmoins la présence de montagnes, mais moins hautes.

Je vous ai raconté hier mes fantasmes sucrés réalisés chez « Kambly ». Heureusement que j’ai acheté un paquet de gâteaux à la noix de coco, car aujourd’hui, j’avais oublié que c’était dimanche. Tous les magasins étaient fermés. Mes repas ont donc été constitués uniquement de gâteaux à la noix de coco.
Ma journée s’est déroulée sans heurts majeurs. Rien de particulier en fait, si ce n’est la différence d’environnement entre ce matin et ce soir. Très rural ce matin avec une altitude un peu inférieure à 1000 mètres, et style « Club Med » ce soir. Je suis confortablement installé sur des sofas au bord d’un canal. De la musique country anime le site. Vers 500 mètres d’altitude la température est douce. Le camping est immense. 90% de « Mobil Home » bien propres, bien alignés. Beaucoup d’aires de jeux pour les enfants, une piscine, un restaurant, des cygnes qui passent élégamment. Tout va bien. Demain je reviendrai en France.



En fait, un élément à changé depuis peu. Je suis en phase de réconciliation avec mes bidules électroniques. Vous avez suivi les malheurs du soldat SIGMA BC14.16. Mortellement blessé par le grésil du Galibier, il a subit courageusement 2 opérations à cœur ouvert, puis sans même prendre le temps d’une récupération auquel il avait pourtant droit, il demanda à retourner au combat. Je lui ai donné la légion d’honneur. Direct. Il la méritait, non ? Et puis on en a plein les placards de ces breloques, alors… Va pour la décoration, avec trompettes, levée de drapeaux, régiment au garde à vous, canonnade de rigueur et le discours qui va bien sur l’armée Française, sa vaillance, son dévouement, etc. J’ai senti une larme couler sur ma joue, moi qui pourtant avais écris le discours. Alors vous auriez vu les autres, ça reniflait vilain, ça chialait doucement. Émotion totale dans le régiment. Mission réussi pour le discours et la médaille. Et le soldat Sigma, il était ému comme une pucelle lorsque je lui ai agrafé sa décoration. Lui maintenant, c’est un bon chien de garde dévoué à mort. On n’imagine pas l’effet d’une médaille sur le comportement humain. Ça vous fidéliserait presque un opportuniste.


Ah, les médailles… ça ne coûte pas cher et ça rapporte gros.

Le point le plus délicat c’était tout de même du coté des Viet (complètement) Cong. Alors chez ceux là l’effet médaille, bernique. Ils ne savent pas lire et ils ne comprennent rien à nos beaux discours. Irrécupérables. Donc parlons de mon SmartMachin Coréen. Il nous en a causé des soucis celui là. On voulait en faire notre éclaireur vedette. On l’avait éduqué, habillé, nourri… Tout. Et puis la traitrise. Agent double au minimum. Il n’a eut de cesse de trahir. Jouant sur tous les tableaux. Le chaud, le froid, entrainant notre vaillant régiment dans les pièges les plus vils. Je l’avais inscrit pour le peloton d’exécution. Attaché au poteau, les yeux bandés. Un petit exemple de temps en temps, ça fait du bien aux troupes, ça les remobilise. Remarquez que je préférerais une bonne décapitation avec la tête qui continue à parler quelques temps alors qu’elle est décollée du corps. Mais, vous savez ce que c’est maintenant : c’est règlement règlement. On ne peut plus faire ce que l’on veut. Même dans l’armée… Quelle misère… Bon, le SmartMachin Coréen imperméable à la légion d’honneur, il s’est avéré très perméable à l’idée du peloton d’exécution. Ça lui a fait de l’effet. Il est devenu soudain conciliant. Il se voyait déjà troué par les balles, jeté en mer dans une combinaison en parpaings, noyé, jeté du haut d’une falaise voir d’un hélicoptère. Il voyait déjà tout cela mon SmartMachin Coréen. Et il en est devenu coopératif. Je peux lui demander 2-3 informations d’itinéraire, mais en l’ayant à l’œil, hein !

Mais en attendant, sonnez le couvre feu, c’est l’heure de dormir !


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