Distance
|
54km
|
Dénivelé
|
1667m
|
Duré de pédalage
|
4h30
|
Vitesse moyenne
|
12km/h
|
Vallée(s)
|
Isère
|
Col(s)
|
La Madeleine 2000m
|
Département(s)
|
Savoie (73)
|
Région(s)
|
Auvergne-Rhône-Alpes
|
![]() |
| Epilobes en épis en arrivant au col de la Madeleine |
Qu’é déconneuse c’te Madeleine. Faut pas se fier à son air revêche, car
en fait, Madeleine, c’est une vraie bout en train. Ah, elle m’en a fait voir la
Madeleine. Pendant 20 kilomètres de montée ardue avec 8, 9, 10, 11% de moyenne
sur 1 kilomètre. Rude. Mais correcte Madeleine. Le temps était frais
C’est vraiment très sympa ces vélos à assistance électrique. Cela
permet à tout le monde profiter des joies du vélo (ah, la selle…), de s’initier
ou de redécouvrir le plaisir de passer la journée à l’air libre, à explorer la
nature environnante, sur un 2 roues sans harnachement particulier. Et puis un
vélo à assistance électrique est un vrai vélo, avec une aide soit, mais aussi une
selle et des pédales. C’est d’une assistance qu’il s’agit et non point d’un
moteur. Vous ne pédalez pas : le vélo n’avance pas. Vous pédalez un peu
l’assistance vous aise un peu. Vous appuyez fort sur les pédales, l’assistance
vous aide en proportion. Bien sûr, vous pouvez moduler l’intensité de
l’assistance souhaitée et même pédaler en autonome, sans aucune assistance… Ce
qui arrivera forcément un jour lorsque la batterie sera complètement déchargée.
Pour calmer un peu mes bouffées de bonheur, la Madeleine s’est occupée
de mes freins. De mon frein avant en fait. Dès le début, il s’est mis à couiner,
donc accessoirement à me freiner. Oh, oh, mais pas de ça Madeleine, pas de ça
chez moi, mes petits mollets ne me permettent pas ce genre d’excentricités ;
je ne suis plus de la première fraîcheur. Et puis c’est agaçant :
dzim-dzim-dzim… Bref, je m’arrête après 4 kilomètres de montée car ces
couinements agaçant m’empêchent de profiter pleinement du paysage. Je dégage
toutes les sacoches du vélo et je vide la sacoche arrière qui contient le
matériel de couchage, duvet, matelas, … car au fond, se trouve mes outils. Je
déballe tout sur l’herbe, et je trouve mon multi outils contenant la clé allen permettant
de dévisser l’étrier de frein avant. Ce que je fais. Mal m’en prends, car dans
la montagne, je n’ai pas mon pied d’atelier, et il me faudra une bonne heure
avant d’arriver à trouver un réglage correct. Je repars en silence, mais au
bout de 300 mètres, le bruit revient. Très diminué, mais il revient. Il
augmentera progressivement au fil du parcourt jusqu’à m’inquiéter dans la
descente dans laquelle je tangente le 80km/h. Et si le frein avant
lâchait ? Et si les plaquettes envisageaient de s’émanciper, de sortir de
l’étrier, de se faire la belle, de profiter elles aussi de la montagne en toute
liberté ? Et si et si… Il va me falloir démonter tout cela ce soir.
Vérifier que les plaquettes n’ont pas bougées, que mon disque neuf haut de
gamme ne s’est pas voilé sous l’effet du poids du vélo chargé et des vitesses
atteintes. Bref il faut que j’inspecte.
Mais lorsque j’arrive à La Bathie, il est déjà tard et je suis
fatigué. Et puis le site n’est pas franchement idyllique. Il est placé en
bordure d’autoroute, de nationale et le long d’un vaste parking en terre à usage
des poids lourds. Ronflement des poids lourds, poussière, accélération des
voitures et des motos avec échappements « machin chose » qui font un
raffut de tous les diables. On sent le retour à la civilisation ! Le
camping est géré par le restaurant routier attenant. La patronne, style
ancienne maquerelle, est sympathique et me charge mon PC bien à l’abri sous son
comptoir. Après la douche et l’installation de la tente, je tente d’écrire
quelques lignes en sirotant un Perrier (c’est fou). Mais ça ne vient pas bien.
Le site peut-être ? Ou la fatigue ? Il fait nuit. Alors, je plie les
gaules et je vais me coucher. En m’endormant, je repense à ce merveilleux film,
« Bagdad Cafe ». Il y a quelque chose de « Bagdad Cafe »
ici. Une sorte de port au bout du monde que l’on atteint porté par le seul
courant, lorsque les voiles sont déchirées et le moteur cassé. Une sorte
d’endroit un peu glauque dans lequel on peut vite s’enliser ; pour
repartir, les courants sont contraires… Attention, ce genre d’endroit aussi
sombre qu’il puisse apparaître de prime abord, aussi désolant, aussi déprimant,
peu vite devenir sympathique et vous engloutir un peu, beaucoup,
passionnément...
Bonne nuit.
















Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire