jeudi 27 juillet 2017

Etape 8 : Saint Martin sur la Chambre 73130 - La Bathie ; jeudi 27 juillet 2017


Distance
54km
Dénivelé
1667m
Duré de pédalage
4h30
Vitesse moyenne
12km/h
Vallée(s)
Isère
Col(s)
La Madeleine 2000m
Département(s)
Savoie (73)
Région(s)
Auvergne-Rhône-Alpes



Epilobes en épis en arrivant au col de la Madeleine
Epilobes en épis en arrivant au col de la Madeleine





Qu’é déconneuse c’te Madeleine. Faut pas se fier à son air revêche, car en fait, Madeleine, c’est une vraie bout en train. Ah, elle m’en a fait voir la Madeleine. Pendant 20 kilomètres de montée ardue avec 8, 9, 10, 11% de moyenne sur 1 kilomètre. Rude. Mais correcte Madeleine. Le temps était frais
Giant ToughRoad JAG en montant vers le col de la Madeleine
mais globalement supportable. La montée fut belle, comme la descente. Et puis, ça doit être lié à Madeleine, mais aujourd’hui, je suis plutôt en grande forme. Je monte bien, léger, et plus vite qu’à mon habitude. Je ne souffre pas. Je peux même accélérer pour (tenter) de rattraper d’autres cyclistes qui me doublent. Les jambes vont bien et les fesses aussi. Je me dis que je devrais peut-être me modérer un peu, penser à la suite, mais bon, c’est tellement rare pour mois que de me sentir léger sur mon vélo de 42kg que j’en profite. J’abuse un peu de la danseuse. Bref, me faire plaisir en montée ; ne pas subir. Je me fais doubler par un nombre incalculable de vélos à assistance électrique, dont un groupe de 6 personnes : il y a toute la famille, de 10 à 70 ans.
Epilobes en épis en arrivant au col de la Madeleine


Epilobes en épis en arrivant au col de la Madeleine





C’est vraiment très sympa ces vélos à assistance électrique. Cela permet à tout le monde profiter des joies du vélo (ah, la selle…), de s’initier ou de redécouvrir le plaisir de passer la journée à l’air libre, à explorer la nature environnante, sur un 2 roues sans harnachement particulier. Et puis un vélo à assistance électrique est un vrai vélo, avec une aide soit, mais aussi une selle et des pédales. C’est d’une assistance qu’il s’agit et non point d’un moteur. Vous ne pédalez pas : le vélo n’avance pas. Vous pédalez un peu l’assistance vous aise un peu. Vous appuyez fort sur les pédales, l’assistance vous aide en proportion. Bien sûr, vous pouvez moduler l’intensité de l’assistance souhaitée et même pédaler en autonome, sans aucune assistance… Ce qui arrivera forcément un jour lorsque la batterie sera complètement déchargée.
Giant ToughRoad JAG en montant vers le col de la Madeleine
Pour calmer un peu mes bouffées de bonheur, la Madeleine s’est occupée de mes freins. De mon frein avant en fait. Dès le début, il s’est mis à couiner, donc accessoirement à me freiner. Oh, oh, mais pas de ça Madeleine, pas de ça chez moi, mes petits mollets ne me permettent pas ce genre d’excentricités ; je ne suis plus de la première fraîcheur. Et puis c’est agaçant : dzim-dzim-dzim… Bref, je m’arrête après 4 kilomètres de montée car ces couinements agaçant m’empêchent de profiter pleinement du paysage. Je dégage toutes les sacoches du vélo et je vide la sacoche arrière qui contient le matériel de couchage, duvet, matelas, … car au fond, se trouve mes outils. Je déballe tout sur l’herbe, et je trouve mon multi outils contenant la clé allen permettant de dévisser l’étrier de frein avant. Ce que je fais. Mal m’en prends, car dans la montagne, je n’ai pas mon pied d’atelier, et il me faudra une bonne heure avant d’arriver à trouver un réglage correct. Je repars en silence, mais au bout de 300 mètres, le bruit revient. Très diminué, mais il revient. Il augmentera progressivement au fil du parcourt jusqu’à m’inquiéter dans la descente dans laquelle je tangente le 80km/h. Et si le frein avant lâchait ? Et si les plaquettes envisageaient de s’émanciper, de sortir de l’étrier, de se faire la belle, de profiter elles aussi de la montagne en toute liberté ? Et si et si… Il va me falloir démonter tout cela ce soir. Vérifier que les plaquettes n’ont pas bougées, que mon disque neuf haut de gamme ne s’est pas voilé sous l’effet du poids du vélo chargé et des vitesses atteintes. Bref il faut que j’inspecte.  
Giant ToughRoad JAG en montant vers le col de la Madeleine

Giant ToughRoad JAG en montant vers le col de la Madeleine

Giant ToughRoad JAG en montant vers le col de la Madeleine

Mais lorsque j’arrive à La Bathie, il est déjà tard et je suis fatigué. Et puis le site n’est pas franchement idyllique. Il est placé en bordure d’autoroute, de nationale et le long d’un vaste parking en terre à usage des poids lourds. Ronflement des poids lourds, poussière, accélération des voitures et des motos avec échappements « machin chose » qui font un raffut de tous les diables. On sent le retour à la civilisation ! Le camping est géré par le restaurant routier attenant. La patronne, style ancienne maquerelle, est sympathique et me charge mon PC bien à l’abri sous son comptoir. Après la douche et l’installation de la tente, je tente d’écrire quelques lignes en sirotant un Perrier (c’est fou). Mais ça ne vient pas bien. Le site peut-être ? Ou la fatigue ? Il fait nuit. Alors, je plie les gaules et je vais me coucher. En m’endormant, je repense à ce merveilleux film, « Bagdad Cafe ». Il y a quelque chose de « Bagdad Cafe » ici. Une sorte de port au bout du monde que l’on atteint porté par le seul courant, lorsque les voiles sont déchirées et le moteur cassé. Une sorte d’endroit un peu glauque dans lequel on peut vite s’enliser ; pour repartir, les courants sont contraires… Attention, ce genre d’endroit aussi sombre qu’il puisse apparaître de prime abord, aussi désolant, aussi déprimant, peu vite devenir sympathique et vous engloutir un peu, beaucoup, passionnément... 

Bonne nuit. 

Giant ToughRoad au col de la Madeleine

Giant ToughRoad au col de la Madeleine






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