mercredi 26 juillet 2017

Etape 7 : Valloire – Saint-Martin-sur-la-Chambre, camping du petit Nice ; mercredi 26 juillet 2017


Distance
 44km
Dénivelé
575m
Duré de pédalage
2h16
Vitesse moyenne
19,6km/h
Vallée(s)
Maurienne
Col(s)
du Télégraphe 1566m
Département(s)
Savoie (73)
Région(s)
Auvergne-Rhône-Alpes

La Chambre, Vallée de la Maurienne, Savoie




Tout est mal qui finit bien !

Comme dans les contes de fées revisités, la journée a bien fini. Très bien même. La preuve ?

Eh bien je me suis mis à fredonner la chanson « chante ta vie en couleur » que les enfants entonnent au début du dessin animé de Walt Disney : « Le capitaine crochet ». Souvenez-vous, i
La neige sur les hauteurs de Valloire fin juillet 
ls chantent, et hop, avec un peu de poudre magique de la fée Clochette, ils s’envolent, légers comme l’air, vers l’île imaginaire, en compagnie de Peter Pan. Et à eux la belle vie. Fredonner « chante ta vie en couleur » est pour moi un signe qui ne trompe pas ; et cette année, il m’a fallut 9 jours pour en arriver là. 9 jours. 7 jours de vélos et 2 jours de repos. Si je fredonne « chante ta vie en couleur » alors c’est que je vais bien. Détendu et heureux. Apaisé. Lorsque cette chansonnette me monte aux lèvres, c’est mon signe avant coureur de bonheur. Un peu comme les signes qui permettent de déceler, chez quelqu’un que l’on connait bien, qu’il serait souhaitable qu’il cesse d’ingurgiter de l’alcool. A cet instant, il va encore bien, il est juste un peu désinhibé, il est comme en équilibre. Mais au prochain verre, il y a de fortes chances qu’il devienne bien lourd, voir rapidement insupportable. Et bien moi, je suis murgé à l’oxygène, à la montagne et au vélo. C’est grave docteur ?
Donc je fredonne « Chante ta vie en couleur ». Il y a de quoi vous me direz. Savez-vous où je suis à l’instant ? Au « camping du petit Nice ». On ne peut être que bien, pas vrai, avec un nom si enchanteur ? Le torrent à mes pied chante sa joie, les fleurs embaument, les bourdons bourdonnent, les oiseaux gazouillent, et les montagnes m’entourent. Et le ciel est globalement bleu.
Et pourtant, la journée a plutôt mal commencée.   
A 5h30 ce matin à Valloire, il ne pleut pas. Bon début, non ? Pas si mal en effet compte tenu des 2 jours précédents. Mais il caille gravement dans cette tente. Avec circonspection, je fais glisser la f
A Valloire le climat est chatouilleux
ermeture éclair de ma tente. Par la petite fente nouvellement crée, j’inspecte minutieusement le ciel. Hum, un peu trop tôt pour se faire une idée, mais je mise plutôt pour des éclaircies à venir. D’un optimiste chevillé au corps, le gars ! Et puis, hop, je referme la fermeture éclair, parce que pardon, mais dehors il caille encore beaucoup plus fort que dedans. Je m’entortille serré dans mon confortable duvet de montagne, garni à souhait de plumes d’oies (les pauvres bêtes… paix à leurs plumes… je m’en occupe…). Et la torpeur me gagne bien enfoui dans mon douillet duvet. Je crois bien que je m’envole vers l’île imaginaire… 7h30, deuxième réveil. Même cérémonial que précédemment. Zip, la fermeture éclair de la tente descend. Mais pas trop hein, car ici ça caille velu, rappelle-toi ! On est en Savoie ici. Et les Savoyards, ce sont des montagnards, des durs à cuire de la trempe de ceux qui ne craigne pas la neige en plein mois de juillet. Alors méfiance et circonspection dans ce lieu hostile. Le temps de jeter un œil dehors, et je confirme : ça caille sérieux. Enfin je reste bien emmitouflé dans mon duvet. Je suis comme un reptile, j’ondule pour me déplacer. Donc, je rampe. Et je fais très attention, car je crains tout mouvement brusque qui pourrait engendrer une mue précoce me laissant fort démuni face au froid ambiant. Bon et puis je démarre dans la marche serpent, alors il faut y aller doux ; il faut approcher ses limites subtilement afin de ne point trébucher, ce qui dans ce cas précis pourrait se conclure par un nœud à la queue ou quelque chose approchant. Méfiance. Donc, j’arrive à faire descendre un peu cette fermeture éclair de ma tente en sortant le moins possible de mon moelleux duvet. Eh, oh miracle, le ciel laisse entrevoir quelques petites zones bleutées. Mais le thermomètre, lui, freine mes espoirs insensés : 10° sous la tente, cette sensation de froid n’est pas une vue de l’esprit. Hou là là, le haut des sommets environnant est carrément enneigé !
Je m’habille chaudement et je vais me chercher un pain au chocolat dans Valloire. J’ai trouvé un petit boulanger pâtissier chocolatier qui fait remonter cette station dans mon estime. Chemin faisant pour rentrer au camping, je me délecte en essayant de ne plus penser à ce froid piquant. Arrivé, je me réfugie dans la salle commune bien chauffée pour poster mes sensations sur ma journée d’hier. Je vous épargne les problèmes de multiples refus de connexion au Wifi du camping qui ont néanmoins l’avantage de faire monter ma température corporelle. Je n’ose cependant imaginer l’état de ma tension artérielle… Enfin, à force d’à force de s’obstiner un peu et de s’énerver beaucoup, le bousin se met à fonctionner. De bricole en bricole, le temps passe et je quitte le camping vers 13h30. Je me suis équipé très chaudement mais malgré tout, je ne cesse de rajouter des couches de vêtements au fur et à mesure de ma progression cycliste.
Montée du col du Télégraphe, le temps demeure incertain ; et froid
Première étape, je monte au col du Télégraphe. Enfin, en arrivant de Valloire,  
Il n'est pas un peu petit mon vélo ?

Cela ne présente aucune forme de difficulté.
Environ 6km de très petite montée. L’affaire doit être tout autre en arrivant de la vallée de la Maurienne. Il y a environ 900m de dénivelé pour environ 18km de distance. Ce que je fais en descente à Mach 12. Dans la vallée, à 700 mètre d’altitude, je me déshabille un peu, puis je descends en pente très douce vers Saint-Jean-de-Maurienne. Le ciel vire de plus en plus au bleu mais le vent reste très frais. Tiens, parlons en de ce vent. Je l’ai en pleine quiche. Bref, j’ai l’impression de monter tellement le vent, de face, est intense.
Vallée de la Maurienne vers Saint Jean de Maurienne 
Autre chose. Cette vallée de la Maurienne : mais elle est moche. La nationale qui longe la Maurienne est bordée de moult industries qui enlaidissent le paysage et qui sentent fort mauvais. On ne sent même plus les diesels nous polluer, c’est dire. Et pourtant ça circule sur cette nationale bien droite. Camions en pagaille et voitures itou. Ça circule fort et vite. Flippant. Les semi-remorques m’aspirant copieusement en me doublant : mon petit vélo à sacoches ne sait plus quel cap suivre.
Enfin, après cet enfer routier, j’arrive proche de mon but : Saint-Martin-sur-la-Chambre et son magnifique camping « le petit Nice ». Je quitte la nationale infernale pour gagner la petite ville de « la Chambre ». Et là, changement radical. Où tout n’était que bruit, fumée et fureur, ici le calme règne en maître. Là où la désolation se répandait à mesure que la Maurienne s’écoulait, je me trouve maintenant plongé au milieu du jardin d’Eden. C’est propre, c’est beau, ça sent bon, c’est calme, les gens y sont courtois, les magasins d’alimentation me font saliver. C’est charmant. Alors si vous
La Chambre, Savoie
descendez la vallée de la Maurienne, surtout, n’hésitez pas : arrêtez vous à « La Chambre » vous ne le regretterez pas. Votre cœur baissera de régime, vos poumons vous remercierons, et vos artères se décontracteront. Et moi, j’ai la chance d’être là, face au clocher altier. Je m’installe sous l’ombre de larges tilleuls et je me régale de yaourts et de pêches. Maintenant, la température est aussi douce que le site et j’ai un peu chaud dans ma tenue cycliste d’hiver. Mais je ne vais pas risquer de me faire embastiller pour striptease. Ça serait ballot alors que j’ai presque atteins mon but de la journée. Alors lorsque 2km plus tard j’arrive à Saint-Martin-sur-la-Chambre, j’ai trop chaud. Il faut dire que ça monte sévère. Ce qui promet pour demain car je suivrai cette route une vingtaine de kilomètre jusqu’au col de la Madeleine. J’ai l’impression qu’il ne va pas falloir trop chatouiller Madeleine ! La Madeleine, elle serait plutôt du genre qui rigole lorsqu’elle se brûle !
Paré à dormir


Bon, aujourd’hui il m’est arrivé 2 trucs vraiment fâcheux ; il faut que je vous en parle. 2 évènements que l’on peut classifier dans la catégorie des évènements graves, bien que l’un des deux pris forme il y a deux jours lors de la descente réfrigérante du Galibier. Il faut dire aussi que cette année, je ne suis pas gâté avec l’électronique. Je suis plutôt même particulièrement poissart de ce coté là. Vous vous souvenez, j’avais mis de gros espoir dans mon compteur de vélo filaire « Sigma » qui me consolait des déboires que m’infligeait mon meilleurs ennemi du moment, mon Smartphone. Ce compteur de vélo Sigma est un matériel simple qui jusqu’ici me donnait de grandes satisfaction en ayant le bon goût de fonctionner conformément aux spécifications de son cahier des charges. Bien. Mais lors de la descente du Galibier, sous le froid polaire et le déluge, ce brave compteur en eut assez et opta pour un
retrait qu’il estima alors salvateur : plus d’affichage, écran noir. Et ce pendant 3-4 minutes. Notez que 3-4 minutes dans le blizzard, c’est long. On se sent seul. Abandonné. Donc en détresse. Bref, je me dis alors que mon compteur avait passé l’arme à gauche. Le pauvre. Mais non, ce n’était là que stratégie de survie face aux éléments déchaînés. Et, il revint à la vie. Oh, subrepticement au début. Quelques zébrures de ci de là rappelant les téléviseurs d’antan en recherche désespéré d’un hypothétique signal hertzien. Mon compteur n’était pas encore mort, il était agonisant. Il luttait de toute son électronique, c’était visible. Ah, le courageux ! On le sentait combatif. Pas résolu à lâcher le morceau. Une sorte de chevalier Bayard électronique, mais qui combattait à 1 contre 100. On sentait l’issue fatale. Il zébrait, zébrait encore dans des convulsions héroïques, et de temps à autre, furtivement, il tentait un timide et bref affichage, recouvert rapidement par des zébrures. Et puis, non, ce n’était pas le chevalier Bayard, mais c’était Rambo ce compteur. Rambo ! Rambo de retour sous une forme électronique ! Malgré la multitude féroce, malgré la disproportion des forces, malgré la faiblesse de ses armes, il affrontait courageusement l’adversité, et alors que je le cru mort, il ressuscita. Oh, bien sûr il en garda des séquelles tant physiques que psychologiques (il hurlait sans cesse « Colonel » par exemple. Bref il n’avait plus toute sa mémoire, c’est sûr. ). Il garda des cicatrices, des striures horizontales telles des tremblements incontrôlés de malades atteint de Parkinson. Et puis aujourd’hui, nouvelle rechute. Un nouveau symptôme : un écran rempli de buée. Illisible. Complètement. En plus de ces lignes horizontales traversant l’écran de haut en bas, puis de bas en haut à la fréquence de mes pulsations cardiaques. Alors arrivé au camping, je tentais le tout pour le tout. L’opération à cœur ouvert. Carrément. Et dans un hôpital mobile de surcroit. A la guerre comme à la guerre. Il faut tout faire pour retrouver notre Rambo. Notre survit en dépend. Celle de l’humanité aussi, notez. Alors, hop, pas de chichi, on n’est pas des fiottes, non ? Allez, on installe  l’hôpital mobile et action. L’opération est à grand risque mais nécessaire vu la gravité des symptômes et des risque encouru par le monde libre. Envoyez les trompettes et hissez le drapeau les p’tits gars. Et que ça saute bordel de merde ! Extraction de la pile. L’opération la plus délicate se passe bien. On continue, passez moi les extracteurs. Allez, on se bouge. Pansements. On nettoie. Opération réussi. Bon, on refermera plus tard, on laisse sécher un peu au soleil. N’oubliez pas de le mettre sous perfusions pour la nuit. C’est Rambo, mais quand même. Rambo se sortira t’il de cette nouvelle épreuve ? Suite dans le prochain film, Rambo 23 ter.   

Autre évènement du jour. Une perte incommensurable cette fois. La perte d’un produit unique. Sorte de prototype immédiatement bien né. Le monstre de perfection tant de conception que de réalisation : mon fils à linge. Ne ricanez pas, sots que vous êtes. Si, si, je vous vois ricaner dans votre barbe, grands lâches que vous êtes. Et laissez-moi vous expliquer. Déjà, le fil élastique : élastique le fil à linge. Oui vous avez bien lu, élastique. Je n’imaginais même pas qu’un tel produit puisse exister. Mais ce n’est pas tout, le fil élastique incorporait des pinces à linges en fer, indissociables du fil, qui pinçaient fermement le linge tout en pouvant coulisser sur le fil. Bref, la sorte de produit parfait. Et moi, inconséquent, je l’ai oublié à Valloire, accroché sur un arbre d’un coté, et sur un grillage de l’autre. Cette perte m’affecte, bien que, pour une fois prévoyant, je dispose d’une simple corde avec de simples pinces à linge comme solution de secours. Bon, dans mon malheur, j’ai tout de même la satisfaction de penser que la découverte de ce surprenant et magnifique instrument ravira celui qui le trouvera et qui ensuite en sera changé à jamais… Comme je le fus lorsque que je le trouvais il y a un an de cela dans un camping aux environ de Strasbourg...

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