Etape 6 : Le-Monétier-les-Bains – Valloire ; lundi 24
juillet 2017
Distance
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37km
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Dénivelé
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1190m
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Duré de pédalage
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3h58
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Vitesse moyenne
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9,42 km/h
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Vallée(s)
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Durance, Valoirette
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Col(s)
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Col du Lautaret 2058m, col du Galibier 2642m
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Département(s)
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Hautes Alpes puis Savoie au col du Galibier
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Région(s)
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Provence Alpes Côte d’Azur
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5h du matin, je suis réveillé par une pluie dantesque. Ça tabasse
sérieux pendant au moins 40 minutes. A la fin, ce bruit violent mais régulier
me berce et je me rendors.
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| Camping des 2 glaciers 7h |
7h, j’entrouvre la tente, il fait beau. 7h30h, il
pleut de nouveau, mais avec plus de retenue cette fois. 8h la pluie s’arrête.
Je sors et j’en profite pour ranger mes affaires et plier la tente. A 9h30, je
suis au village de « Le Monétiers les Bains », car je n’ai plus rien
du tout à manger et je crains une fringale en montant au Galibier. Surtout qu’il
fait froid et qu’hier j’ai très peu mangé. Je m’achète un pain aux raisins pour
mon petit déjeuner. Je m’en délecte en regardant les voitures passer. Moi je
commence à virer bovin. Meuh ! Excusez-moi, ça m’a échappé. Je me prends
un morceau de pain et je file m’acheter des pêches et un petit bout de fromage
Beaufort. Et puis… je cause, car mon vélo avec ses sacoches attire un monde
fou. Du fait je me mets en route qu’à 11h, ce qui constitue néanmoins mon
record : en général je pars vers 12h-12h30.
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| En bordure du camping |
Ce matin il fait vraiment très froid et le vent est glaçant. Mais je
suis bien équipé car j’ai revêtu mes plus beaux habits d’hivers. Ils sont tout neuf.
Douillets, intérieur polaire, extérieur coupe-vent, imperméables et respirant.
Le top. Je monte en cuissard, maillots et manchettes. Je suis bien. Pas trop
chaud, pas trop froid. Ces vêtements protègent vraiment bien du vent. Je suis
bénèze ! Au moins jusqu’à 5km du col du Lautaret car après la pluie
revient dans la partie. Pas la grosse pluie, non, mais la pluie bien froide et
bien cinglante. Car le vent se renforce encore. Ça commence à cailler grave.
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| Début de l'acension, tout va bien |
Mais bon, je finis sans enfiler de vêtements supplémentaires. Durant la fin de l’ascension
du col de Lautaret, j’ai de la compagnie : 2 Toulousains en vacances à Briançon. Le père et le fils de 16 ans et
demi qui grimpe comme un champion alors même que cela ne fait que 5 jours qu’il
fait du vélo. Bon coup de pédale, gabarit de grimpeur, attention, voilà la
relève de Bardet !! Arrivé au col du Lautaret, on se sépare. Eux retournent
vers la Briançon accompagné du brouillard, du vent et de la pluie.
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| Col du Lautaret 2048m |
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| Les Toulousains père et fils : la relève de Bardet. Un moment d'acalmie |
Moi je
continue vers en direction du col du Galibier : 8km pour passer de 2058m, à
2642m. Au vu de
la météo qui empire je m’équipe avec mes vêtements de pluie, sur
bottes, pantalon, veste et couvre casque. Que du beau matos qui s’est avéré
très efficace. Je n’ai pas été mouillé, je n’ai pas transpiré (membranes), et
ces équipements se sont avérés faciles à enfiler. Le temps forcit : rafales
de grésil, accompagnées d’un vent féroce, souvent de face. Je dis souvent
biscotte avec les lacets, dès fois je l’avais dans le dos, et alors là, j’avais
l’impression d’être un champion. Je remettais 4 dents de moins à l’arrière, et
je montais en danseuse en multipliant par 2 ma vitesse.
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| Le col du Lautaret vu de haut |
Mais quand je me
reprenais vent et grésil dans la poire, alors là pardon, j’étais scotché net,
il me fallait m’aplatisse sur le vélo afin d’éviter de finir par terre. Car,
déjà avec les sacoches, le vélo à une prise au vent de 38 tonnes, il ne faut
pas rajouter en plus la surface du bonhomme. Ma trajectoire est une succession de
méchantes embardées provoquées par les rafales de vents et de grésil :
flippant. J’occupe l’intégralité de ma voie : je pars un coup à gauche, un
coup à droite. Je me cale donc au milieu, lorsque je le peux afin d’éviter de
terminer dans le précipice ou sur la sur la voie de gauche. Montée éprouvante principalement
du fait du climat. Et le dernier kilomètre à 9% de moyenne est le coup de grâce.
Arrivé au col du Galibier, je suis gelé. J’enfile une deuxième veste pour
affronter la descente.
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| Climat difficile : froid, vent, grésil. Je suis gelé. |
Cela s’avère très insuffisant. Je n’ai pas fait 500m que
mes doigts sont gelés. Les doigts, les pieds, le visage, et même le thorax. Je
suis figé par le froid. Je tremble comme une feuille et je suis dans l’incapacité
de changer les vitesses avec mes doigts raidis ; j’utiliser mes paumes ce
qui rend la manœuvre plus incertaine. A 2300m, je freine et je m’arrête acheter
un excellent Beaufort et une tommette de chèvre sui ne lui rend rien. J’ai le
plus grand mal à sortir ma bourse et je n’arrive pas à bien mobiliser mon
esprit. Je bloblote comme si j’avais Parkinson. Je dois être un brin
incohérent. Je n’arrive pas à ouvrir mon couteau, je ne peux me rappeler
comment on fait. Je pars en vrille. Devant mon incapacité notoire, ma vendeuse
me coupe une part, m’enlève les croûtes et me donne un morceau de fromage près
à l’emploi. Humm, c’est bon, même en tremblotant. Je me réchauffe un peu à l’intérieur,
puis lorsque j’ai l’impression d’aller moins mal, je repars en espérant trouver
un climat plus conciliant plus bas. Erreur, car vers 1800m j’essuie une pluie diluvienne,
style pluie tropicale mais gelée comme cela peut l’être en montagne. Arrivé à
Valloire, la pluie redouble si tant est que cela soit encore possible. Je m’abrite
un moment sous un préau et je tente de retrouver l’usage de mes doigts et de
mon esprit. Je me restaure un peu avec du pain et du fromage en regardant les vagues
de pluie dégringoler. Je n’ai plus la force de continuer dans ce déluge glacé. Je
ne suis plus en état de marche. Je prends donc la décision de coucher au
camping de Valloire. Une fois ma tente montée, chance la pluie s’est arrêtée un
temps, je me réfugie sous une douche bien chaude ; une bonne heure je
crois. Ha que c’est bon…
Et demain ? Je ne sais pas encore. Si la météo annonce la même
chose qu’aujourd’hui, je crois que je ne vais pas bouger. On verra demain
matin.
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