Etape 3 : Saint-Etienne-de-Tinée - Jausiers ; jeudi 20
juillet 2017
Distance
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55 km
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Dénivelé
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1665 m
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Duré de pédalage
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5h39
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Vitesse moyenne
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9,8 km/h
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Vallée(s)
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De la Vésubie, De l’Ubaye
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Col(s)
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Col de la Bonette-Restefond 2701 m
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Département(s)
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Alpes-Maritimes puis Alpes-de-Haute-Provence,
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Région(s)
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Provence Alpes Côte d’Azur
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Un bruit étrange : tap-tap-tap. Sur les parois de la tente, ça
tapote. Je regarde l’heure. 6h36. Bigre, bigre, bigre, je suis bien matinal ce
matin. J’ai bien dormi. Peinard. Le tapotement continue. Léger. J’ouvre la
fermeture éclair de la tente pour mettre le nez dehors. La pluie. De la pluie
dans les Alpes-Maritime un 20 juillet, ce n’est pas de bol. La guigne me
poursuit. C’est à moi qu’elle en veut tout particulièrement. Elle me piste
serrée et ne veut plus me lâcher. Bon ce n’est pas (encore) la pluie
diluvienne, ça donne plutôt dans le petit crachin Breton, mais le ciel très
chargé semble annoncer le pire. Gris foncé, bas, et sans le moindre petit
morceau de ciel bleu.
Le temps de me doucher, et la pluie s’est
excitée ; elle a ses nerf et du fait, je remballe mes affaires, sous une pluie
tenace. Ma tente est trempée. Ce matin, l’étape me semble rude, alors je sors
mon Joker, ma préparation spéciale visant à me faciliter l’ascension du col de
la Bonette : Je vais gonfler les pneus de mon vélo. Je ne l'ai pas fait
avant de commencer mon parcours, et, ils manquent notoirement de pression. Avec
le poids du bonhomme et du chargement, je me suis arrêté plusieurs fois sur le
parcours, sûr à chaque fois d’avoir crevé tant le vélo bougeait de façon très
inquiétante. Je demande donc à l’accueil du camping ou je pourrais trouver un
gonfleur à proximité. On m'indique une station service à moins de 800 mètres de
distante. 800m, ça va, car vu les dénivelé locaux, il convient d’être économe,
et ne pas faire de kilomètres inutiles. Mon interlocuteur m'explique la route à
suivre : sortir du village et atteindre le carrefour de Saint Maur,
embranchement entre Saint-Etienne-de-Tinée, Isola et Nice. Ensuite je n'aurais
plus qu'à redescendre vers Nice et je trouverai ma station. Un doute m’assaille.
Mes vieux souvenirs me laissent à penser qu’il va me falloir couvrir bien plus
que les 800 mètres annoncés et qu’en plus il va y avoir du dénivelé. Ma figure
doit exprimer mon inquiétude doute car, on me rassure de suite. Saint-Etienne-de-Tinée
a changé, les travaux, tout ça, tiens, même le téléphérique a été déplacé. S’ils
le disent, alors… J’ai franchement envie de gonfler mes pneus pour me faciliter
la vie. Alors je me mets en quête de cette station service. Houlà, ça grimpe
sévère pour un échauffement ! Je persévère et j'arrive au
« fameux » carrefour.
Mon compteur indique déjà 2,7km soit plus de 3 fois plus que les 800 mètres annoncés. Il n’a pas dû la faire souvent à pieds ou en vélo cette route pour en évaluer la distance à moins de 800m mon lascar du camping ! Je scrute la descente en direction de Nice que je perçois instantanément comme une future montée ardue. Pas la moindre trace de station service. Parfois, il faut savoir abandonner, tant pis pour mes pneus, mes petites jambes en montée et les réactions vicieuses du vélo en descente. Je tourne casaque, et je redescends au village acheter de quoi me sustenter pour la dure montée qui m’attend. Je n’ai plus de vivre, ayant finit par jeter mon riz au lait en phase (ultime ?) de putréfaction aigüe.
Un morceau de pain et de fromage plus tard, je retente une ultime conciliation avec mon Smartphone satanique. Bien que ce soit sa dernière chance, ce crétin électronique, et de surcroît momentanément des Alpes, n’en a cure. L’application dédiée à mon trajet vélo semble éprouver les plus grandes peines à capter le signal GPS, pour à la fin abandonner la partie : elle me le fait savoir crûment. Le signal GPS, elle s’en tamponne le coquillard ; rien à battre ! Je tente de négocier mais je suis face à un véritable Ayatollah électronique. La mort dans l’âme, je reboute, encore une fois ce maudit appareil. Voyant qu’elle va finir dans la Tinée avec le tas de ferraille qui l’héberge, l’application se rend et consent (momentanément) à fonctionner. Nouvelle fourberie de sa part ? Je décide de l’avoir à l’œil. Ben, pour le coup, mon œil n’y voit rien. Encore une fois, je ne peux visualiser les informations affichées par ce satané appareil. Et pourtant aujourd'hui, il n'y a pas de soleil ; le ciel est sombre, presque menaçant. La pluie a cessée mais on sent qu’elle rôde, fin prête à déverser sa bile. Si seulement ce ciel menaçant pouvait menacer mon Smartphone pour le forcer à coopérer ! Au moindre rayon lumineux qui effleure ma sacoche de guidon à 300000$, c’est un concert de reflets, qui se conjugue avec la piètre qualité de cet écran en extérieur. Et je constate que la partie supérieure de la sacoche, constitué d’un film plastique tactile permettant de manipuler le Smartphone tout en le protégeant, est aussi gondolée que les rouleaux de l’Atlantique par mauvais temps.
Mauvaise visibilité et reflets sont décuplés. Encore un matériel qui ne supporte par la chaleur du Sud Est de la France ! Constatant que je ne fait pas le poids face à la coalition agressive formée par mon Smartphone et ma sacoche de guidon, je capitule et enfourne ce maudit Smartphone tout au fond de ma sacoche, écran positionné en mode en veille. Je caresse le doux espoir que cette acariâtre machine enregistre tout de même les données de mon parcours. N'ayant plus ce désagréable Smartphone dans mon champ visuel, je m'apaise quelque peu. Il reste bien les reflets du film plastique gondolé surplombant ma sacoche qui ne manque pas de m'éblouir, mais je tente de détourner le regard. Il suffit juste de ne pas regarder devant ! Ma décision est prise, lors de mon retour de vacances, je ferai recouvrir le dessus de cette sacoche d’un matériau noir, mat et étanche. Quand à ce Smartphone totalement inapte à la randonnée cycliste, je finirais bien
par lui trouver quelques qualités dans un environnement feutré d’intérieur. C’est décidé, j’arrête de m’énerver avec ces « machins ». Il convient de les ignorer superbement pour retrouver la quiétude qui sied normalement à une randonnée cycliste. Et de fait, cessant de tenter de décrypter des informations illisibles, mon attention se consacre totalement à mon environnement naturel.
Le paysage qui mène au col de la
Bonette est magnifique entre l'Ubaye qui courre sur ma gauche, les pins élancés
et les cimes qui m'entourent. A mesure de la prise d'altitude, la végétation
décroit pour finir par laisser toute la place à la roche grise. La montagne
diffuse ses parfums frais et odorants. Ma faible vitesse, qui frise parfois
l'immobilisme, me permet de m'imprégner de toutes ces délices. Ben dis donc, elle
est pas un peu longue cette montée ? On en finit pas en je commence à être
tordu. Bon, à force d'à force, on finit par en voir le bout. En fait il y a 2
bouts. Je vous explique. Premier bout. Le col de la Bonette Restefond, à 2715m d’altitude,
qui permet de passer de Saint-Etienne-de-Tinée à Jausiers. Puis, deuxième bout,
la route la plus haute d'Europe qui mène à la cime de la Bonnette 2802m. Alors,
j'en rajoute une louche.
Fatigué pour fatigué autant voir le haut du haut,
non ? Si. Alors, je me hisse jusqu'au dernier étage, la cime à 2082m.
Contrairement à ce que je pensais, ce n'est donc pas le col de la Bonette,
2715m, qui
est le col le plus haut de France, mais le col de l'Iseran, culminant lui, à 2770m. Par contre, et c'est source de confusion, la route de la (cime) de la Bonette, 2802m, est la plus haute route de France. Bref il convient de distinguer un col, point de passage praticable permettant de relier 2 versants d'un massif montagneux, avec une route, voie d'accès qui ne renvoie aucunement à la notion de montagne.
Mon compteur indique déjà 2,7km soit plus de 3 fois plus que les 800 mètres annoncés. Il n’a pas dû la faire souvent à pieds ou en vélo cette route pour en évaluer la distance à moins de 800m mon lascar du camping ! Je scrute la descente en direction de Nice que je perçois instantanément comme une future montée ardue. Pas la moindre trace de station service. Parfois, il faut savoir abandonner, tant pis pour mes pneus, mes petites jambes en montée et les réactions vicieuses du vélo en descente. Je tourne casaque, et je redescends au village acheter de quoi me sustenter pour la dure montée qui m’attend. Je n’ai plus de vivre, ayant finit par jeter mon riz au lait en phase (ultime ?) de putréfaction aigüe.
Un morceau de pain et de fromage plus tard, je retente une ultime conciliation avec mon Smartphone satanique. Bien que ce soit sa dernière chance, ce crétin électronique, et de surcroît momentanément des Alpes, n’en a cure. L’application dédiée à mon trajet vélo semble éprouver les plus grandes peines à capter le signal GPS, pour à la fin abandonner la partie : elle me le fait savoir crûment. Le signal GPS, elle s’en tamponne le coquillard ; rien à battre ! Je tente de négocier mais je suis face à un véritable Ayatollah électronique. La mort dans l’âme, je reboute, encore une fois ce maudit appareil. Voyant qu’elle va finir dans la Tinée avec le tas de ferraille qui l’héberge, l’application se rend et consent (momentanément) à fonctionner. Nouvelle fourberie de sa part ? Je décide de l’avoir à l’œil. Ben, pour le coup, mon œil n’y voit rien. Encore une fois, je ne peux visualiser les informations affichées par ce satané appareil. Et pourtant aujourd'hui, il n'y a pas de soleil ; le ciel est sombre, presque menaçant. La pluie a cessée mais on sent qu’elle rôde, fin prête à déverser sa bile. Si seulement ce ciel menaçant pouvait menacer mon Smartphone pour le forcer à coopérer ! Au moindre rayon lumineux qui effleure ma sacoche de guidon à 300000$, c’est un concert de reflets, qui se conjugue avec la piètre qualité de cet écran en extérieur. Et je constate que la partie supérieure de la sacoche, constitué d’un film plastique tactile permettant de manipuler le Smartphone tout en le protégeant, est aussi gondolée que les rouleaux de l’Atlantique par mauvais temps.
Mauvaise visibilité et reflets sont décuplés. Encore un matériel qui ne supporte par la chaleur du Sud Est de la France ! Constatant que je ne fait pas le poids face à la coalition agressive formée par mon Smartphone et ma sacoche de guidon, je capitule et enfourne ce maudit Smartphone tout au fond de ma sacoche, écran positionné en mode en veille. Je caresse le doux espoir que cette acariâtre machine enregistre tout de même les données de mon parcours. N'ayant plus ce désagréable Smartphone dans mon champ visuel, je m'apaise quelque peu. Il reste bien les reflets du film plastique gondolé surplombant ma sacoche qui ne manque pas de m'éblouir, mais je tente de détourner le regard. Il suffit juste de ne pas regarder devant ! Ma décision est prise, lors de mon retour de vacances, je ferai recouvrir le dessus de cette sacoche d’un matériau noir, mat et étanche. Quand à ce Smartphone totalement inapte à la randonnée cycliste, je finirais bien
par lui trouver quelques qualités dans un environnement feutré d’intérieur. C’est décidé, j’arrête de m’énerver avec ces « machins ». Il convient de les ignorer superbement pour retrouver la quiétude qui sied normalement à une randonnée cycliste. Et de fait, cessant de tenter de décrypter des informations illisibles, mon attention se consacre totalement à mon environnement naturel.
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| Marmottes en vue |
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| On peut commencer à y croire... |
est le col le plus haut de France, mais le col de l'Iseran, culminant lui, à 2770m. Par contre, et c'est source de confusion, la route de la (cime) de la Bonette, 2802m, est la plus haute route de France. Bref il convient de distinguer un col, point de passage praticable permettant de relier 2 versants d'un massif montagneux, avec une route, voie d'accès qui ne renvoie aucunement à la notion de montagne.
Ça y est 2802 mètres ! Victoire ! Il fait froid. Dis donc,
c’est décidément une manie en altitude, non ?
J'avais déjà enfilé une
veste dans la montée, des 2500m, et bien, j'en enfile une seconde. Bonet Il y a
des motos en haut. Et lorsque j'arrive, je croise 2 magnifiques MV Augusta état concours.
Des œuvres d'art au bruit si parfaitement mélodieux. C'est juste beau et leur rouge étincelant apporte la note de couleur qui sied à cet austère environnement rocheux. Une petite pause photo méritée, une discution avec 3 motards de passage, puis je plonge vers Jausiers. Mes pneus sous-gonflés associé à mon chargement encore une fois trop important (poids du vélo chargé : 42kg), renforcé par surpoids du cycliste, font rebondir mon vélo dangereusement à chaque imperfection du bitume. Je soupçonne même d'avoir mes rayons un peu détendus. Il va falloir que je m'en préoccupe.
Pas le temps de commencer à descendre que je suis déjà arrivé à Jausiers. Un vélo en descente ça va vraiment très vite ; surtout comparé à ma vitesse en montée !
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| Col de la Bonette 2715m |
des motos en haut. Et lorsque j'arrive, je croise 2 magnifiques MV Augusta état concours.
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| Victoire |
Des œuvres d'art au bruit si parfaitement mélodieux. C'est juste beau et leur rouge étincelant apporte la note de couleur qui sied à cet austère environnement rocheux. Une petite pause photo méritée, une discution avec 3 motards de passage, puis je plonge vers Jausiers. Mes pneus sous-gonflés associé à mon chargement encore une fois trop important (poids du vélo chargé : 42kg), renforcé par surpoids du cycliste, font rebondir mon vélo dangereusement à chaque imperfection du bitume. Je soupçonne même d'avoir mes rayons un peu détendus. Il va falloir que je m'en préoccupe.
Pas le temps de commencer à descendre que je suis déjà arrivé à Jausiers. Un vélo en descente ça va vraiment très vite ; surtout comparé à ma vitesse en montée !
Le camping du Planet n’est pas exceptionnel en apparence. Mais
l’accueil y est très sympa, et on me prête une grande rallonge avec
l’adaptateur qui va bien afin de me permettre de recharger mon PC aux bornes
prévus aux emplacements. Alors, c’est décidé, je resterai à Jausiers demain
afin de mettre en place ce Blog, de chercher comment tenter d’en améliorer la
présentation, d’écrire mes 2 articles en retard, de les poster avec les photos,
de retendre un peu mes rayons de vélo, de regonfler mes pneus, de cicatriser un
peu de l’arrière train, de me reposer les jambes, et d’envoyer un Mail en
Anglais (ce qui pour moi sera une longue et éprouvante épreuve) au fabriquant
de ma sacoche de guidon pour lui faire part de mon ressenti sur son produit
(les reflets, les vagues de la partie supérieure translucide, et, la chaleur
qui doit régner sous ce plastique et qui ne semble pas être du goût de mon
Smartphone).Ouf ! Rien que d’y penser, je suis déjà crevé.
Allez hop, maintenant dodo.




















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