mardi 18 juillet 2017

Etape 1 : Nice - Saint-Martin-Vésubie. Mardi 18 juillet 2017


Des vacances à vélo qui commencent brutalement

  L'étape du jour :  Nice - Saint-Martin-Vésubie

     Synthèse de l'étape

Distance
70km
Dénivelé
1000m
Duré de pédalage
4h44
Vitesse moyenne
14,8km/h
Cols
û

Giant ToughRoad JAG dans la plaine du Var
La plaine du VAR

Un départ retardé

Ca y est ! Je suis parti ! Enfin. Ça n’en finissait plus. Les ennuis appelant les ennuis, je m’enlisais et j’enrageais. J’enrageais d’être si lent, si malhabile, si incompétent. Et je voyais le temps défiler et mes vacances à vélos s‘évaporer dans la canicule Niçoise. Je m’en voulais d’avoir voulu améliorer mon vélo en tenant compte de mon expérience de l’année passée : ajouter une source d’énergie électrique, un éclairage, réduire le nombre d’appareils électroniques en tirant parti des fonctionnalités logicielles d’un  Smartphone. C’est que l’année passée, durant mes vacances cyclistes 2016  qui m’avaient conduites en Normandie à travers un parcours de 2200km traversant les Alpes, le Jura, Les Vosges, Strasbourg, Nancy et la Beauce , j’avais nourri quelques vives inquiétudes durant les traversées de tunnels alpins, aussi nombreux que longs : je n’y voyais rien, et je craignais de ne pas être vu malgré mes nombreux catadioptres et rétro fléchissants agrémentant mes sacoches. Et puis, j’avais souffert de l’excès de poids et des difficultés de rechargement de mes différents appareils électroniques : téléphone, appareil photo, GPS, et ordinateur portable. Alors je m’étais promis de faire évoluer mon vélo. Mais c’était sans compter une année 2016-2017 très intense qui me transforma en rat de bibliothèque, ne me laissant aucun temps libre. Et il faut que je vous dise : un rat, ça bouffe. Et un rat qui bouffe, ça fait du gras, surtout les rats de bibliothèques qui ne se bougent pas.
Bref, le rat c’est transformé en gros raton bien gras. Plus 18kg en 1 an. Ça cause, non ! Et je ne les ai pas vus venir ces kilos. Ils m’ont envahi gentiment sans prévenir, 100 grammes par ci, 200 grammes par là. Ils se sont installés sans la moindre permission. Le poids du bonhomme ayant explosé, c’était une raison supplémentaire pour diminuer le poids du vélo. Et de fait, de 50kg chargé l’année passée, cette année le vélo pèse désormais 42kg en ordre de marche pour les vacances : 16% de diminution. Bien. Mais ce n’est pas grand-chose par rapport à l’augmentation de 26% du poids du cycliste. Enfin, c’est l’intention qui compte, n’est ce pas ?

Une journée difficile

Passons maintenant à ma 1ère journée. Je vous parlerai ensuite de toutes ces journées de préparation qui l'ont précédée, de tous ces malheurs, petits et grands qui m'ont scotchés à Nice 18 jours durant, retardant et raccourcissant d'autant ma randonnée cycliste.
Giant ToughRoad JAG dans la plaine du Var
Difficile cette 1ère journée. Très difficile. Mal partout. Aux jambes, aux fesses. Et cette chaleur que d’ordinaire j'apprécie m’a cette fois usée. Je me suis senti mal toute la journée : de midi, mon heure de départ jusqu'à 18h heure lors de mon arrivée au camping de Saint-Martin-Vésubie. Je me suis traîné, ou tout au moins ai-je essayé. J’étais fatigué. Mais bon, j'ai fini par me hisser jusqu’à ma destination après avoir franchit 70 km et 1000 mètres de dénivelé. J’ai fait de multiples arrêts (1h15 au total) pour me restaurer et m’abriter un peu à l’ombre. Mon thermomètre de vélo indiquait constamment 36 à 39°. Il faut dire que le soleil ne nous laissait aucun répit. Je tentais donc péniblement de progresser entre 2 arrêts. Et, durant ces pauses, je me suis tartiné une partie de ma précieuse et illicite cargaison : mon riz au lait. A oui, il faut que je vous raconte. Ce matin il me restait 1 litre de lait. Alors, hop, ni une ni deux, pour ne pas gâcher, je me cuisine un riz au lait qui constituera mon stock de vivre. Bonne idée, hein ? Oui... Mais... Car il y a souvent un mais. J'étais occupé par les préparatifs de dernière minute, par tout mes oublis, toutes mes erreurs passées. Bref, je pataugeais dans la désorganisation. Alors, j'essayais de me démultiplier. Je faisais 10 choses à la fois, ne pouvant choisir entre la mouche du coche de La Fontaine et Don Quichotte de Cervantès. Je faisais du vent, augmentant accessoirement ma pression artérielle dans l'espoir insensé de rattraper le temps perdu. M'imaginant aller vite, je ne réussissais qu'à patiner et m'énerver. Je faisais du vent, gesticulant, vociférant, courant d'abord à droite, pour revenir à gauche et constater mon immobilité finale. Je tentais vainement de ressentir ce que l'efficacité pouvait bien être. Et à force de trop tourner le dos à ma casserole de riz au lait, l'inévitable survint. Le lait s'échappa dans un bruit de flot de lave en fusion grillant tout sur son passage. Ça crépitait, claquait, fumait, et le lait de se transformer finalement en vapeur. Il avait des envies d'espace ce riz au au lait et il le déclamait tout en joignant le geste à la parole. La casserole, il en avait sa claque, il voulait vivre sa vie, voir du pays. Alors il enjamba la casserole et se mit à courir. Vite. Il se glissa dans les moindres interstices, profita du moindre dénivelé pour partir loin. Et avant que je ne puisse attraper la casserole, c'était la Bérézina : le champ de bataille était jonché de cadavres, le lait avait fait des ravages dont il ne se saura pas cru capable. Je devais donc ajouter une nouvelle tâche avant mon départ : nettoyer la cuisine. Mais avant, je persistais avec le reste de lait encore à l'état liquide dans la casserole. Vite, verser le riz puis le sucre. Trop vite. Je ne me rappelais plus des doses de lait et de riz, de leur proportion. Bref, je me fourvoyais. Je mis trop de riz, ce résultat en un riz très compact. Il manquait de lait en fait. Ou il y avait trop de riz. Bref le résultat se caractérisait par une anormale densité. Et puis je n’avais pas mis assez de sucre. La chose était fadasse, limite indigeste. Ce riz au lait avait un sale goût, le genre de goût qui vous coupe instantanément toute envie de riz au lait. Je ne ferais donc pas péché de gourmandise avec ce mélange douteux.

Médor a faim

Mais, relativité des choses, lorsque 2h30 après être parti, je m’arrêtais pour me sustenter, je trouvais ce riz au lait succulent et je m’en bâfrais une grosse plâtrée. Style la gamelle du chien qui sent bien souvent le rance et les égouts mais que Médor avale en cinq sept sans même reprendre son souffle. Et bien Médor aujourd’hui c’étais moi. J'étais là à bavocher devant ma gamelle de riz parfumé aux senteurs d’égouts et dès le signal du starter je ne relevais plus la tête ; je me goinfrais de ma pâtée cul sec. Je crois même qu'aujourd'hui, j’aurai mis minable tous les chiens errant au concours récurage de gamelle. Il faut dire que j’avais une faim de loup, cousin éloigné de Médor, et que je devais me faire une petite hypoglycémie. Ma vitesse déclinait au point de friser l’immobilisme et mon équilibre devenait précaire. J’étais exactement dans les bonnes conditions pour apprécier ce riz au lait à la senteur et la texture si particulière. Et bien, quelque soit les propriétés de ce mélange douteux, la mixture fut efficace. Une fois la gamelle vidée, je senti quelques forces me revenir et je pus reprendre mon acensions.
Les gorges de la Vésubie
Hélas, l'effet riz au lait ne dura qu'un temps, et ma petite forme se réinstalla subrepticement.

Un Smartphone de luxe

Et s'il n'y avait eut que cela ! Mais non ! Ma journée fut aussi pourri par le Smartphone. Putain de Smartphone ! L’objet asservissant s'il en est et qui de plus s’avère inutile dès que l’on a besoin de lui. Il faut que je vous dise : cet appareil ne supporte pas la chaleur. Vous avouerez que sur la côte d’azur, en plein mois de juillet, alors même que l'on ne cesse de nous parler de réchauffement climatique, ce n’est pas de bol, hein ! Et portant je l'ai choisit très standard ce Smartphone : un ‘Samsung Galaxy A5 2017’, qui plus est, étanche. Étanche oui, standard oui, mais il ne supporte pas la chaleur. Ni le soleil d’ailleurs. Car on y voit quick avec ce putain de Smartphone. Il doit afficher des informations intéressantes, mais on ne les voit pas. C’est tout de même ballot ! Notons que dans le même temps le petit compteur filaire ‘Sigma’ le plus basique du monde, lui est parfaitement lisible et ne pose pas un préavis de grève dès les 28° dépassés. Donc mon Smartphone tout neuf m'a été parfaitement inutile. Au début je ne pouvais lire ses informations, et après 3 km, il a carrément déclaré forfait. Trop chaud m’a t'il dit. Et il s’est arrêté. Bref c’est un ‘machin’ de salon prévu pour être posé sur un coussin douillet dans un appartement disposant de l’air conditionné, mais cette délicate chose qui a une très haute idée d'elle même se refuse à être un appareil d'extérieur. Bon, peut-être dans le nord avec des nuages au raz des oreilles et le thermomètre ne dépassant pas 22° mais à la chaleur sans air conditionné, que nenni !
Et pour conclure cette journée délicate, mes gesticulations pour rentrer dans mon duvet se sont terminées par la crampe à la cuisse des familles. Oh chiennasse de douleur ! Elle ne voulait plus me lâcher, et moi je me retenais de hurler afin de ne pas terroriser tout le camping. Un fois la crampe passé, je me suis installé dans la tente pour rédiger mes sensations du jour. 3 pages, et le traitement de texte qui se mord la queue, notez que c’est très douloureux. Il plantouille misérablement et fait harakiri à mon fichier. 1h de perdu. Je n’étais même pas énervé, non, juste résigné : ce n’était pas ma journée de toute évidence. Demain sera un autre jour. J’espère. L’espoir fait vivre ou au moins aide à vivre. Car je devrais tout de même être en meilleur forme sachant que depuis juin, sans avoir été très régulier j’ai tout de même avalé 700km et 8000m de dénivelé positif.
Camping à Saint Martin Vésubie


Bon, il est temps de dormir pour essayer de se refaire la cerise.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Etape 34 Fréjus - Nice ; mardi 29 août 2017

Distance 71km Dénivelé 513m Durée de pédalage 3h38 Moyenne 19,4Km/h Col(s) ...